20/07/2010

Vous avez trouvé un oiseau bagué? Que faire

Vous avez trouvé un oiseau bagué…. Que faire ?

Le baguage, méthode d'étude, entre autres, des déplacements et de la démographie des oiseaux, a ceci de particulier qu'il repose essentiellement sur la participation de bénévoles. Tous les ornithologues bagueurs associés au Centre Belge de Baguage de l'Institut Royal des Sciences Naturelles (IRSNB) sont des bénévoles et il en est quasi de même en ce qui concerne les autres centres européens. Mais leur travail représenterait peu de chose s'ils ne pouvaient compter sur la participation du grand public afin de transmettre les reprises, comprenez les découvertes d'oiseaux bagués, effectuées au gré de promenades par exemple. Ce principe d'échange de données explique que tous les Centres de baguage sont gérés par des institutions scientifiques publiques, et que la transmission des données ne fait jamais l'objet d'une transaction commerciale entre les bagueurs, les Centres et les repreneurs. Un autre principe à rappeler est que chaque reprise compte. Que l'oiseau ait été bagué à des milliers de kilomètres ou dans la commune d'à côté, qu'il s'agisse d'une espèce rare ou commune, toute information replacée dans le contexte de l'étude à long terme des populations présente un intérêt indéniable.

Les observateurs de terrain sont, dans ce contexte, des interlocuteurs tout particuliers de par l'intérêt qu'ils portent naturellement aux oiseaux et le temps qu'ils passent dans la nature. Voici donc quelques conseils destinés à valoriser au maximum leurs découvertes.

Première étape : la découverte

Chacun peut, au hasard de ses promenades ou de ses relations, être confronté à une reprise de bague. Mais il est également possible de «forcer la chance» en vérifiant, en cas de découverte d'un oiseau mort, si celui-ci n'est pas bagué. Ainsi l'examen des rapaces nocturnes tués par la circulation routière peut être un bon moyen; on a en effet constaté que près d'une Chouette effraie sur dix était baguée. Autre exemple, lors de prospections à la côte, l'observation de la laisse de mer permet de découvrir des oiseaux peu communs, victimes de tempêtes ou de la pollution... C'est en relevant les bagues sur des Guillemots de Troïl englués dans la marée noire de l'Erika que l'on a pu faire la relation entre la mortalité causée par la catastrophe et l'évolution des colonies britanniques dont ils provenaient.

Petit détail, seules les bagues en métal inscrites au nom d'une institution scientifique nous intéressent et non les bagues typiques aux colombophiles ou aux oiseaux élevés en captivité.

Que transmettre ?

Il existe un formulaire à remplir. Il est disponible en ligne sur www.sciencesnaturelles.be, le site de l'IRSNB. Son utilisation n'a rien d'obligatoire, et la solution classique consiste à rédiger une lettre de reprise qui reprend les informations suivantes :

  • toutes les inscriptions gravées sur la bague en n'hésitant à pas utiliser une loupe pour déchiffrer les plus petites bagues dont le diamètre avoisine les 2 mm.
  • l'espèce d'oiseau concernée. Si l'identification est malaisée (cadavre, espèce peu commune, etc.), il est probablement toujours possible de proposer un genre ou une famille, sinon rien...
  • la commune de reprise et, si possible, quelques précisions sur le lieu : jardin, plage, etc.
  • la date de la découverte. Si elle n'est pas connue au jour près, il est alors possible de préciser une plage de dates ou, au pire, une saison...
  • les circonstances de la découverte : proposer la cause. Est-il mort depuis longtemps ? ou très récemment, car le cadavre est tout frais ? Il a heurté une vitre ? Est-il finalement reparti sain et sauf ?

De manière générale, il est intéressant d'être le plus complet possible pour chaque information. Au Centre de baguage, rien n'est perdu ! Toutes les précisions sont encodées dans un fichier informatique selon un format commun à tous les bagueurs européens et l'original de la lettre de reprise transmise par l'observateur est toujours archivée afin de pouvoir être consultée plus tard en cas de besoin.

Enfin, n'oubliez pas d'inscrire vos coordonnées postales afin de bien recevoir la fiche de reprise concernée.

À qui transmettre ?

Voici, sous forme schématique, et selon le cas, la meilleure marche à suivre :

A. L'oiseau bagué est découvert en Belgique, et peu importe l'adresse figurant sur la bague

  Si l'oiseau est mort:

Enlever la bague en l'ouvrant à l'aide d'une pince (ou en coupant la patte), la fixer avec un morceau d'adhésif à la lettre de reprise et envoyer le tout au Centre Belge de Baguage (IRSNB, 29 rue Vautier, 1000 Bruxelles) par la poste. Cette procédure de renvoi de la bague est très importante : elle permet de vérifier définitivement le code de la bague tout en évitant que celle-ci ne soit replacée sur un autre oiseau - cela est déjà arrivé, avec les risques de confusion que l'on imagine !

Si l'oiseau est vivant:

S'il a été capturé et relâché (il est entré accidentellement dans une maison par exemple) ou si le code de la bague a été déchiffré à distance à l'aide d'un télescope, adresser la lettre de reprise à l'IRSNB par voie postale ou informatique (ring@sciencesnaturelles.be).

Si l'oiseau est vivant mais pas libre:

Il est donc blessé ou malade et a été transmis à un centre de revalidation. Il faut lui laisser sa bague dans l'espoir qu'il puisse être revalidé et remis en liberté. Adresser la lettre de reprise à l'IRSNB par voie postale ou informatique, en précisant vers quel centre de revalidation l'oiseau a été dirigé.

B. L'oiseau bagué n'est pas découvert en Belgique, mais la bague concernée est belge

La marche à suivre est la même qu'au point A.

C. L'oiseau bagué n'est pas découvert en Belgique et la bague concernée n'est pas belge

La marche à suivre est également la même, si ce n'est que la lettre de reprise sera transmise directement à l'adresse abrégée figurant sur la bague.

Et ensuite ?

Lorsque votre lettre de reprise parviendra au centre de baguage, on procédera à la recherche des données de baguage. Soit cela ira vite, car le bagueur responsable aura déjà transmis les données concernant la bague en question, soit cela prendra un peu plus de temps, voire beaucoup de temps (!), car il faudra demander les informations au bagueur qui les a toujours dans ses seuls carnets. Dans le cas d'une bague étrangère, la durée de traitement est un peu plus longue, selon les délais liés à la méthode de gestion des données en cours dans le Centre en question.

Quoi qu'il en soit, lorsque les données seront rassemblées, une fiche de reprise sera informatisée et imprimée en trois exemplaires, le premier destiné au «repreneur», le second à l'intention du bagueur, et le troisième sera consigné en archive, afin de pallier toute défaillance informatique. La fiche de reprise sera toujours transmise sous forme papier et non informatique (raison pour laquelle il faut transmettre votre adresse postale) et ce afin de faciliter les corrections éventuelles. En effet, lorsque vous recevez la fiche, il est important de vérifier les informations présentées; il est toujours possible que des erreurs s'y soient glissées... Nous avons besoin de vous pour les éliminer et ainsi proposer la meilleure qualité de données.

Si après quelques mois vous n'avez pas encore reçu de fiche de reprise, n'hésitez pas à adresser un rappel au Centre de baguage, de préférence en y joignant une copie de votre lettre originale.

Enfin, en cas de doute ou pour toute information complémentaire, n'hésitez pas à nous contacter.

 

Didier Vangeluwe & Walter Roggeman
Centre Belge de Baguage
Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique
29 rue Vautier, 1000 Bruxelles
Didier.Vangeluwe@sciencesnaturelles.be
Walter.Roggeman@sciencesnaturelles.be

Article du site NATAGORA :

http://www.chauves-souris.be/

08:00 Écrit par Dr F. Henin dans Nature

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